ânikounâ

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 30 octobre 2009

Rencontre animale….

Une belle journée d’été. Il fait chaud, très chaud !
Un fourgon s’avance doucement sur le chemin accidenté qui mène à ânikounâ.
Luna sort avec ses parents. Luna marche, doucement, courbé, sa main dans celle de son père. Dans une posture animale : Sa démarche, sa façon de se tenir, de bouger…….
Luna ne voit presque pas, a des traits autistiques et est lourdement handicapée.
 
Premier contact avec un âne…… par le nez !, le souffle chaud.
Elle le comprend,  le voit, le sent. Elle utilise un mode très archaïque, c’est inné ? ………. C’est animal !
Luna nous touche. Sarah, ânière depuis peu, Annick, éduc chevronnée et moi qui connait Luna par ailleurs, mais pas dans ce cadre si spécifique !
Deux parents étonnés de voir leur fille accepter la présence, le contact et la réciprocité « d’étrangers ».
 
Luna décide d’elle-même quand c’est trop: Elle s’éloigne, se retrouve, assimile le vécu , les éprouvés en se balançant, en s’accroupissant et en se tenant les jambes.
 
Puis elle se détend, se (re)lâche, profite de ces moments sur le dos d’onasis.
Nous, spectateurs, sommes tous étonnés.
Il y a ensuite le fou rire et la détente complète.
 
Luna est entourée par ses parents attentifs, heureux de vivre ces instants avec leur fille.
Moments de bonheur, partagé par tous.
Et Luna ??
Animale, elle EST ! Elle sent. Elle vit. Elle est !
Et ses parents ? En vacances dans la région, ils ont déjà pris rendez vous pour l’année prochaine, pour au moins deux visites !

mardi 13 octobre 2009

Tous derrière et lui devant !

Alizée proméne les ânes !

Je l'accompagne et tente de capter (dans l'objectif)  un regard, une attitude, un mouvement ... Ils sont si beaux ! 

                                                                                                                                                                                                 

L'âne est un compagnon avec ce que cela implique : de complicité, de partage, d'échange , de confiance . Des qualités devenues si rares ! Alizée découvre ce monde de l'âne avec Ouragan ... qui posséde toutes ces qualités et plus encore !

Plus attachant est-ce possible ?

  Combien de temps va continuer l'histoire ? ...

Annick

 

dimanche 4 octobre 2009

Polyhandicap et âne !

Venir en séance à ânikounâ c'est l'occassion d'utiliser son VERTICALISATEUR autrement

  C'est bien plus intéressant d'être debout pour brosser son âne , ou le mener dans la petite carriére 

       Il faut beaucoup d'énergie à chacun , pour rendre cela possible et de surcroit agréable ... mais on y arrive :

  

L'enfant handicapé est confronté à un monde physique pour lequel il n'est pas équipé !  Soit il renonce à faire , soit il accepte cet appareillage de compensation , et là c'est l'affaire de tous de le rendre attractif et opérant ... sinon quel sens peut prendre une telle posture ? 

Rien de simple dans cette séquence où, portée par son désir de découverte, Dorka cherche à aller plus loin dans son contact avec Nono : Pour ces enfants atteints de troubles moteurs séveres tout geste volontaire pose problème , Lorsque nous devons réaliser une action , notre cerveau organise un programme qui établit la séquence des mouvements et gestes à effectuer de manière autonome, c'est à dire, que nous n'avons pas à y penser . Cela  se fait tout seul sans notre participation consciente .

Pour l'enfant Handicapé Moteur d'origine Cérébral , cela ne se fait pas de cette manière : il est obligé d'être guidé, d'intrégrer les schémes moteurs , de penser les séquences relatives à chaque geste. Il faut imaginer ce que cela prend comme temps et énergie , ce qui explique aussi souvent les symptomes couramment rencontrés que sont la lenteur et la fatigabilité .

Ces enfants , comme les ânes nous obligent à nous défaire de nos vieux démons de rapidité , quelle leçon ! quelle sagesse !

Et c'est ainsi que doucement, et maladroitement( mais à sa façon ! ) Dorka se risque avec tout son courage et toute sa volonté à caresser Nono :

   Nous ne pouvons que soutenir ces efforts, permettre l'accessibilité de la rencontre , en se laissant imprégner par la patience et le respect qu'ont tout naturellement nos ânes envers ces enfants différents !

"L'enfance a des maniéres de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres; rien n'est moins sensé que de vouloir y substituer les nôtres . "(J-J Rousseau )

De même pour les personnes en situations de handicap : rien n'est moins sensé que de vouloir substituer nos manières de voir, de penser , d'agir, à celles qui sont les leurs en fonction de leur handicap .

 Le débat est ouvert avec les rééducateurs qui accompagnent ces enfants :  la question du sens est permanente, jusqu'où réparer, compenser , rectifier une position  ? Qu' est-ce qui est en jeu face à ces répéres qui organisent le monde , quand ils sont autres ?  Qu'est-ce que cela éveille en nous ?

Annick