Venir en séance à ânikounâ c'est l'occassion d'utiliser son VERTICALISATEUR autrement

  C'est bien plus intéressant d'être debout pour brosser son âne , ou le mener dans la petite carriére 

       Il faut beaucoup d'énergie à chacun , pour rendre cela possible et de surcroit agréable ... mais on y arrive :

  

L'enfant handicapé est confronté à un monde physique pour lequel il n'est pas équipé !  Soit il renonce à faire , soit il accepte cet appareillage de compensation , et là c'est l'affaire de tous de le rendre attractif et opérant ... sinon quel sens peut prendre une telle posture ? 

Rien de simple dans cette séquence où, portée par son désir de découverte, Dorka cherche à aller plus loin dans son contact avec Nono : Pour ces enfants atteints de troubles moteurs séveres tout geste volontaire pose problème , Lorsque nous devons réaliser une action , notre cerveau organise un programme qui établit la séquence des mouvements et gestes à effectuer de manière autonome, c'est à dire, que nous n'avons pas à y penser . Cela  se fait tout seul sans notre participation consciente .

Pour l'enfant Handicapé Moteur d'origine Cérébral , cela ne se fait pas de cette manière : il est obligé d'être guidé, d'intrégrer les schémes moteurs , de penser les séquences relatives à chaque geste. Il faut imaginer ce que cela prend comme temps et énergie , ce qui explique aussi souvent les symptomes couramment rencontrés que sont la lenteur et la fatigabilité .

Ces enfants , comme les ânes nous obligent à nous défaire de nos vieux démons de rapidité , quelle leçon ! quelle sagesse !

Et c'est ainsi que doucement, et maladroitement( mais à sa façon ! ) Dorka se risque avec tout son courage et toute sa volonté à caresser Nono :

   Nous ne pouvons que soutenir ces efforts, permettre l'accessibilité de la rencontre , en se laissant imprégner par la patience et le respect qu'ont tout naturellement nos ânes envers ces enfants différents !

"L'enfance a des maniéres de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres; rien n'est moins sensé que de vouloir y substituer les nôtres . "(J-J Rousseau )

De même pour les personnes en situations de handicap : rien n'est moins sensé que de vouloir substituer nos manières de voir, de penser , d'agir, à celles qui sont les leurs en fonction de leur handicap .

 Le débat est ouvert avec les rééducateurs qui accompagnent ces enfants :  la question du sens est permanente, jusqu'où réparer, compenser , rectifier une position  ? Qu' est-ce qui est en jeu face à ces répéres qui organisent le monde , quand ils sont autres ?  Qu'est-ce que cela éveille en nous ?

Annick