ânikounâ

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 24 janvier 2010

La peur de Ryan !

Aujourd’hui c’est un grand jour pour Ryan, 6 ans !

Depuis 4 mois il vient à ânikounâ toutes les 2 semaines avec un groupe de l’I.M.E. Ryan a très, très peur des ânes ! Tellement peur que l’éducatrice s'est posé des questions quant à sa venue aux ânes. Mais en discutant avec l’équipe d’ânikounâ, elle a décidé de poursuivre, en travaillant la peur, l’appréhension et en l’aidant à apprivoiser petit à petit cet animal aux grandes oreilles.

L’équipe ne l’a pas poussé, mais l’a invité à donner à manger, à porter les brosses, à regarder.

A chaque fois que l’âne passait trop près, Ryan avait une réaction de retrait, de recul, mais………..

Aujourd’hui nous proposons de prendre une carriole et de faire un peu d’attelage sur le parcours. Ryan aide à attraper la carriole, et dès que tout est installé, se précipite pour monter dedans.  Il se trouve alors à moins d’un mètre de l’âne, dans le plaisir, avec un peu d’appréhension tout à fait légitime en expérimentant quelque chose de nouveau ! Il y est tellement bien, qu’il invite les autres enfants à s’asseoir à côté de lui. Ryan reste à sa place.

 

Nous lui proposons  au bout d’un moment de promener les autres enfants et Ryan accepte de tenir la longe de Dagobert : Il fait un tour complet sur le parcours !

Bravo Ryan ! Malgré ta peur et tes questionnements (« on est presque arrivé ? » « on va le mettre au garage ? ») tu as fait un gros effort et un bon petit bout de chemin !!!

Anouk

 

La peur est peut-être l'émotion la plus ordinaire de l'homme ... Toutes les cultures toutes les civilisations ont eu affaire avec la peur , et se sont aussi créé des peurs imaginaires ... d'abord pour anticiper l'angoisse humaine, la projeter et la faire advenir dans la réalité extérieure , mieux la circonscrire et la maîtriser, et ainsi s'assurer de son propre sentiment d'existence .

Quelles que soient les théories Freudiennes de l'angoisse, nous dit Annie Birraux ( psychiatre- psychanalyste) - Phénomene automatique ou signal d'alarme pour le moi- , l'angoisse est l'éprouvé de l'état d'impuissance du sujet humain, conséquence de sa prématurité et de son incapacité "à s'aider lui même" .

Au cours de  son développement et de sa maturation, l'enfant acquerra progressivement des outils moteurs et psychiques pour l'éviter, pour se la représenter et l'élaborer,, mais aux origines c'est la mére qui éponge les débordements d'angoisse du nourrisson ... c'est grace au mécanisme psychique de la projection que l'enfant se débarrasera de ses "mauvaisetés internes" . Ceci a été très tôt repéré par Freud dans la phobie du petit Hans .  

Les phobies sont des peurs injustifiées d'animaux ou d'objets inoffensifs, elles ne sont d'ailleurs pas pathologiques chez l'enfant. Elles surgissent normalement au cours du développement du petit homme autour de 3 ans ou plus , et disparaissent "normalement" avec le refoulement de l'entrée dans la latence, c'est à dire vers 7-8 ans . Elles signent "la névrose infantile" et coïncident avec la mise en place, par l'enfant, d'un systéme de valeurs, de limites et d'interdits qui traduisent la conscience qu'il aquiert de la différence des sexes et des générations .L'apparition de ces phobies infantiles atteste donc d'un véritable travail de maturation interne .

L'animal de peur a toujours à voir avec les images parentales intériorisées . Il peut s'agire d'angoisses archaïques de dévoration, d'inexistence ou de séparation et aussi d'angoisses (névrotiques)de castration liées au conflit oedipien.  

Enfin toutes les peurs qu'éprouve l'enfant envers les animaux ne sont pas des phobies . Certaines peurs sont raisonnables, et témoignent de la conscience du risque encouru dans certaines situations .

Aussi il me parait toujours intéressant de repérer ces phénomens de peurs et angoisses , et d'accompagner l'enfant pour lui montrer qu'elles sont liées à nos pensées et qu'il existe mille manières de les dépasser .

Annick (et la revue enfances &psy/ dossier l'enfant et l'animal )  

 

 

samedi 23 janvier 2010

Une équipe de tournage à ânikounâ!

" Lucie et Nono "

L'histoire filmée d'une amitié entre un âne et une enfant .

Lorsque la vie fragilise certains enfants et les rend vulnérables, le monde des adultes ne peut pas toujours répondre à leurs attentes. Quelquefois l'enfant doit se battre contre une maladie qui altère ses possibilités de communiquer. D'autres fois , l'enfant souffre d'un malaise profond difficile à cerner, et les paroles des adultes peinent, leur affection inquiète, leurs jeux ennuient. Malgré toute leur bonne volonté, leur adresse, leur attention, certains enfants ont du mal à se sentir heureux ...

Avec l'animal c'est différent. Son silence complice, son regard sans jugement, sans discrimination, son exigence de respect, toute simple, rassure l'enfant. L'animal joue, câline, boude, exige du respect sans tricher .

Sans appartenir au même monde, l'enfant et l'animal peuvent nouer une grande complicité .

C'est ce qu'est venue filmer Caroline Puig-Grenetier sur notre structure , à la rencontre de nos ânes et du public que nous recevons . Nous espérons pouvoir organiser prochainement une projection de ce documentaire , à Lalinde , avec sans doute la présence de cette réalisatrice tombée sous le charme de nos ânes !