ânikounâ

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samedi 30 octobre 2010

les mamies et les vacances de la toussaint !

Ce début de semaine de vacances de la toussaint, nous avons eu plusieurs coups de téléphone de mamies qui cherchaient une occupation pour leur petits enfants. détail sympathique: les petits enfants habitent presque tous en ville (talence, bordeaux, toulouse, etc.) et après le vélo, le cinéma et jouer dans le jardin, les ânes semblaient un choix judicieux pour ces petits !
nous avons donc accueilli en tout 7 enfants âgés de 2 à 11 ans, pour passer un peu de temps avec nos ânes.
et oui, ça sert à ça aussi les vacances !!
   

anouk

lundi 4 octobre 2010

Construire des liens et structurer une rencontre ; Au travail les ânes !

Par ce nouveau billet (enfin !), je voudrais évoquer le travail éducatif, mis en place conjointement par l'équipe éducative de l'IME "Bayot -Sarrazi " et celle d'ânikounâ .

Il s'agit ici de proposer des séances "âne" à des jeunes porteurs d'une déficience intellectuelle avec troubles associés du comportement et de la personnalité .

J'ai été surprise par la façon dont ces jeunes parlaient des séances ânikounâ . En fait il évoquaient, et affirmaient même, venir en ce lieu pour travailler !

Leur éducatrice était dans la même affirmation , et à bien y regarder, c'est sûr, chacun vient y travailler quelque chose, au dela de l'activité de loisir que cela peut revêtir :

Le groupe est arrivé en fin de matinée, pour pique-niquer avant la séance. Avec empressement les jeunes se dirigent vers la cabane. Leur premier souci est de vérifier si les ânes sont bien là !

"-On va leur dire bonjour !"

Les glacières et paniers pique-nique  sont abandonnés sous l'auvant . Pierre , Timothé et Cassandra se hatent vers les différents enclos.

"-Je vais voir le bébé !" lance Thimoté

"-Moi, Pain d'Epice !" nous crie Cassandra ...

Les adultes accompagnants laissent les retrouvailles se faire ...

                   

           

 Le pique-nique est vite avalé, et la question est lancée : " C'est quand, qu'on travaille avec les ânes ? "

Ah ! il faut attendre un peu ... Pas si facile de différer ce 1er désir d'être avec SON compagnon choisi . Première mise au travail  que d'attendre l'heure du debut de la séance.

La seconde épreuve sera de choisir son âne : J'hésite nous dit thimoté ... "Je prends Réglisse (petite anesse de 2ans) ou Pain d'Epice (le plus grand de nos ânes) ?"

-"Alexa ! je prends lequel ? " L'enfant appelle l'éducatrice à la rescouse dans cette douloureuse question de choix . Il ne peut prendre les deux, évidement, il doit inscrire la perte au detour de l'opération de choix , d'où chez certains des tergiversations et de valses-hésitations sans fin : ils ne veulent rien perdre !

Tout le travail éducatif sera d'apporter du soutien et une écoute attentive à cette demande de l'enfant, qu'il faut souvent décoder, l'âne n'étant pas la question centrale mais le pretexte à une demande . Il y a necessité non seulement de partager l'activité mais aussi d'y a-coller des espaces de paroles et d'expressions , pour que les enfants puissent se rendre compte et rendre compte de ce qui leur arrive .

Les exigences de l'activité, les contraintes horaires, le respect d'autrui, de l'animal, du materiel, les impératifs d'un apprentissage autrement dit les régles et le cadre qui structurent toute activité éducative, vont s'opposer parfois radicalement au désir de satisfaction immédiate exprimé par l'enfant .

Il y apparait clairement que cette médiation, accompagnée , soutenue par la position éducative va permettre de travailler sa propre place de sujet (dans l'expression du désir et l'acceptation de la frustration) .

Le contact avec l'animal va apaiser les tensions de la relation à l'autre et favoriser l'estime de soi : l'âne a cette qualité d'être vraiment présent à l'humain qui l'accompagne, à l'écoute de ses demandes, capable de coopérer ou de bloquer ! l'enfant devra  alors développer ses propres ressources et montrer ce dont il est capable à son tour !

  

 

Cette activité "âne" qui permet d'entrer dans un processus d'individuation, de pacification des relations offre l'opportunité de se construire :

Ce n'est pas tant de savoir s'occuper des ânes qui nous importe de transférer , mais bien les qualités que cela demande, que ces enfants ont besoin d'expérimenter et qui sont necessaire à cette entreprise, car ce sont celles-là même qu'il leur faudra pour grandir et avancer dans leur projet de vie , comme sur le parcours avec les ânes !

Annick