ânikounâ

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 24 janvier 2010

La peur de Ryan !

Aujourd’hui c’est un grand jour pour Ryan, 6 ans !

Depuis 4 mois il vient à ânikounâ toutes les 2 semaines avec un groupe de l’I.M.E. Ryan a très, très peur des ânes ! Tellement peur que l’éducatrice s'est posé des questions quant à sa venue aux ânes. Mais en discutant avec l’équipe d’ânikounâ, elle a décidé de poursuivre, en travaillant la peur, l’appréhension et en l’aidant à apprivoiser petit à petit cet animal aux grandes oreilles.

L’équipe ne l’a pas poussé, mais l’a invité à donner à manger, à porter les brosses, à regarder.

A chaque fois que l’âne passait trop près, Ryan avait une réaction de retrait, de recul, mais………..

Aujourd’hui nous proposons de prendre une carriole et de faire un peu d’attelage sur le parcours. Ryan aide à attraper la carriole, et dès que tout est installé, se précipite pour monter dedans.  Il se trouve alors à moins d’un mètre de l’âne, dans le plaisir, avec un peu d’appréhension tout à fait légitime en expérimentant quelque chose de nouveau ! Il y est tellement bien, qu’il invite les autres enfants à s’asseoir à côté de lui. Ryan reste à sa place.

 

Nous lui proposons  au bout d’un moment de promener les autres enfants et Ryan accepte de tenir la longe de Dagobert : Il fait un tour complet sur le parcours !

Bravo Ryan ! Malgré ta peur et tes questionnements (« on est presque arrivé ? » « on va le mettre au garage ? ») tu as fait un gros effort et un bon petit bout de chemin !!!

Anouk

 

La peur est peut-être l'émotion la plus ordinaire de l'homme ... Toutes les cultures toutes les civilisations ont eu affaire avec la peur , et se sont aussi créé des peurs imaginaires ... d'abord pour anticiper l'angoisse humaine, la projeter et la faire advenir dans la réalité extérieure , mieux la circonscrire et la maîtriser, et ainsi s'assurer de son propre sentiment d'existence .

Quelles que soient les théories Freudiennes de l'angoisse, nous dit Annie Birraux ( psychiatre- psychanalyste) - Phénomene automatique ou signal d'alarme pour le moi- , l'angoisse est l'éprouvé de l'état d'impuissance du sujet humain, conséquence de sa prématurité et de son incapacité "à s'aider lui même" .

Au cours de  son développement et de sa maturation, l'enfant acquerra progressivement des outils moteurs et psychiques pour l'éviter, pour se la représenter et l'élaborer,, mais aux origines c'est la mére qui éponge les débordements d'angoisse du nourrisson ... c'est grace au mécanisme psychique de la projection que l'enfant se débarrasera de ses "mauvaisetés internes" . Ceci a été très tôt repéré par Freud dans la phobie du petit Hans .  

Les phobies sont des peurs injustifiées d'animaux ou d'objets inoffensifs, elles ne sont d'ailleurs pas pathologiques chez l'enfant. Elles surgissent normalement au cours du développement du petit homme autour de 3 ans ou plus , et disparaissent "normalement" avec le refoulement de l'entrée dans la latence, c'est à dire vers 7-8 ans . Elles signent "la névrose infantile" et coïncident avec la mise en place, par l'enfant, d'un systéme de valeurs, de limites et d'interdits qui traduisent la conscience qu'il aquiert de la différence des sexes et des générations .L'apparition de ces phobies infantiles atteste donc d'un véritable travail de maturation interne .

L'animal de peur a toujours à voir avec les images parentales intériorisées . Il peut s'agire d'angoisses archaïques de dévoration, d'inexistence ou de séparation et aussi d'angoisses (névrotiques)de castration liées au conflit oedipien.  

Enfin toutes les peurs qu'éprouve l'enfant envers les animaux ne sont pas des phobies . Certaines peurs sont raisonnables, et témoignent de la conscience du risque encouru dans certaines situations .

Aussi il me parait toujours intéressant de repérer ces phénomens de peurs et angoisses , et d'accompagner l'enfant pour lui montrer qu'elles sont liées à nos pensées et qu'il existe mille manières de les dépasser .

Annick (et la revue enfances &psy/ dossier l'enfant et l'animal )  

 

 

lundi 28 décembre 2009

Ecouter avec les yeux, parler du bout des doigts !

Je vous présente Etienne: adolescent en situation de polyhandicap , non !  Je vous présente Etienne: adolescent extra-ordinaire,  non !  Je vous présente Etienne, il fréquente ânikounâ depuis 5 ans ! Oui ! Etienne est un fidéle pratiquant !!! Etienne est la douceur même , Etienne et son monde du silence , Etienne et son incomplétude sensorielle , Etienne et son regard qui écoute , Etienne et ses petits doigts qui signent ...

Etienne et les ânes, une histoire de rencontre :

  

jeudi 11 juin 2009

le propre de l'âne!

C'est un âne...De longues oreilles de velours, des yeux doux et profonds sous son rideau coloré ! et un pelage qui appelle à la caresse ... On s'est assis dans l'herbe pour l'observer tranquillement , il s'approche d'une démarche mesurée, sans insolence ni bassesse, pointe son museau à la rencontre de Valentin qui adopte ce même langage sans détour , puisque c'est ainsi ...  Le moment est magique ; cet adolescent connait le langage des ânes ? qui initie la rencontre ?, qui apprend à l'autre son langage ? qui s'étonne ? qui frissonne ?  Eux deux tout simplement, tout naturellement ...

Prendre le temps de l'âne . L'âne est un sage qui n'a pas de message autre que de goûter le temps bon ou mauvais sans le compter ...en le savourant dans l'instant , heureux ceux qui savent comme valentin , parler aux ânes ,et prendre le temps de la rencontre !

"Il était beau ... couvert de rosée odorante et il semblait irréel. Ce n'était  plus un âne de la terre, un baudet de village ; mais l'âne-type, l'âne pur, l'idée même de l'âne " l'âne culotte, Henri bosco .

   

 Vous l'aurez reconnu, c'est déjà Ouragan au" travail" , dans sa nouvelle fonction d'âne médiateur !  moment exquis qu'il nous a fait vivre ce jour de pluie...

EPILOGUE : 

Dans son livre "La fabuleuse aventure des hommes et des animaux"  Boris Cyrulnik,  nous révéle que "les postures, les odeurs , les sons, le toucher et les regards sont autant de passerelles sensorielles qui président à la manière dont l'homme et l'animal peuvent interagir et s'entrepercevoir . Dans un autre chapitre  Dialogue sans paroles , il se questionne : Mais quelle est la clé de cette conivence ? Par quels moyens l'homme et l'animal parviennent-ils à se comprendre ?

En guise de conclusion , je citerais encore cet auteur qui nous dit ; La bête ne juge pas l'enfant. Dans un environnement humain, on s'aime mais on se dispute aussi très facilement. Avec les animaux, c'est beaucoup plus clair : si on a peur de l'autre, on se fuit mais si l'on s'aime, on peut s'aimer de manière très pure . .. La complicité avec un animal développe également chez l'enfant... un véritable lien d'amour, une relation de confiance, une porte ouverte sur le monde extérieur. Tout cela participera au désir  de l'enfant de s'investir dans une relation fondée sur l'échange .

Si ça c'est pas de la médiation éducativo-thérapeutique !!!  Merci à Valentin et Ouragan  d'illustrer merveilleusement ces propos .

annick

 

mercredi 1 avril 2009

Prise en charge d'adulte autiste .

Eliane, arrive toujours à l'heure à son rendez-vous du Lundi à ânikounâ . Sa longue silhouette s'avance dans une démarche cadencée sur le chemin qui mène à la cabane. Elle se hâte , et vient vérifier si tout le monde est bien là. "Bonjour Annick !, bonjour Christian ! "  Eliane est une jeune femme atteinte de troubles autistiques , pas si simple de vivre avec ces angoisses qui vous traversent . Alors elle questionne et questionne encore , et attend de nous les mêmes réponses ? . Les ânes elle les connait tous , nos visiteurs aussi d'ailleurs, même le chien et les chats ont été repérés et font partie de son interrogatoire , dés son arrivée !

Une fois que tout semble en place Eliane peut se fixer sur  l'activité ; Elle choisit son âne, va le chercher au pré, l'étrille à sa façon ; passe d'une brosse à l'autre, en essaye plusieurs dans une suite qui n'a de logique que la sienne et que nous avons appris à respecter ... De son côté elle s'applique à écouter nos recommandations de placement . Elle est très à l'aise pour faire les sabots, sourit si l'âne résiste un peu et marque une petite désobéissance . Ayant une vue très faible, elle glisse ses doigts sur les parois et sait ainsi reconnaître si tout est nettoyé .

 C'est vrai, tous ces âctes se succèdent de façon automatique, comme conditionnés , mais après tout ... Elle est là ! et fait en silence, comme apaisée .

Et puis il y a le rituel de la petite bouteille d'eau , qu'elle va accrocher autour de son cou, elle sait où est le petit sac, va le chercher dans la cabane à grandes enjambées, et revient prés de son âne . Elle vérifie encore si Annick et là, avec ses téléphones ! et Christian !  c'est bon , on peut partir sur le parcours .      

 

Dans une réelle concentration Eliane guide son âne sur le parcours, de façon automatique ... A l'endroit à l'envers ... Peu à peu elle s'approprie nos consignes : " Parle lui ! regarde ce qu'il fait ! " Alors on peut entendre " Viens Café ! , allez Café ! "  Et ce que l'on croyait naturel et normal devient plaqué et étrange . Et si on lui fichait un peu la paix ? et si on acceptait sa façon de faire et d'être ? En grandes enjambées Eliane regagne la barre d'attache .

 - "Année ? année ? ... 2000, 2000, 2009 ! " Et Eliane remet un peu d'ordre (dans sa tête), dans son être que nous avons maladroitement bousculé , avec nos "Fais ceci , fais comme ça ! " . Pas si simple, il faut trouver le juste équilibre relationnel . Pourquoi cela est-il si compliqué de respecter le différence?

Souvent, parce que cette différence exprime de la douleur . Et nous nous essayons à être avec , à être à côté , à approcher sans violation l'espace de l'autre, à faire en sorte qu'avec nos ânes l'autre accepte(désire?) notre présence, au même titre que nous acceptons(désirons?)  la sienne . Au-delà de toute sollicitation.

" A chacun sa musique et aussi bien son propre silence.Ponctuer l'instant par sa seule présence . Il n'y a rien à faire . Il s'agit d'être là où l'on a choisi d'être. Partager quelque chose de la même histoire, de l' appartenance à la même race, celle des humains, vivants ensemble. ( Anna-Marie Norgeu / La Borde: Le château des chercheurs de sens ? )

Je ne sais pas très bien ce que c'est , cette souffrance, mais j'ai compris qu'elle est terrible .

Et, dans ma tête , j'ai une petite voix ( celle de Nadége Champeau) qui me dit, "laisse faire, laisse venir ...  il faut laisser à désirer !!  ne pas combler ce trou béant, pour que le désir advienne ! "

Et chaque Lundi, Eliane arrive à l'heure, ses grandes enjambées l'amènent jusqu'à la cabane où elle vient vérifier si tout le monde est là . " Bonjour Annick ! , Bonjour Christian ! " ...  Elle choisit son âne (toujours le même ? ) le panse avec les différentes brosses, à sa façon et en silence, comme apaisée ...

annick

 

mercredi 25 mars 2009

Ensemble

 C'est une proposition qui prend sens, un accompagnement tutellaire, qui va permettre à l'enfant polyhandicapé de vivre en toute confiance et sécurité une expérience corporelle nouvelle .

Lire la suite

Théo, la belle aventure !

La belle aventure ... d'un cheminement , dans une authentique appropriation de cet espace de plaisir ... et de réalité qu'il découvre avec Tango .

Lire la suite

vendredi 21 novembre 2008

A chaque jour suffit son bonheur !

L'histoire d'une rencontre , où le toucher et le regard posent les bases d'une communication  ... 

   

Cette mamie Clémence n'est pas arrivée là par hasard ! Ses enfants et petits enfants avaient connaissance du travail proposé à ânikounâ ... Il y avait une demande de mise en relation , avec l'idée sous jacente que ce contact aurait des effets positifs, sans vraiment savoir de quels ordres . Cette mamie, par ailleurs ne souffre pas de troubles psychiques particuliérement aigus, si ce n'est ceux liés à la vieillesse ; manque d'intéret  et d'appétence à la vie , un repli sur des préoccupations personnelles récurrentes liées à des douleurs ici ou là , une humeur souvent mélancolique voire triste ... C'est pourtant volontiers que Clémence accompagnée de ses filles et petite-fille accepte l'idée de venir rencontrer Réglisse, notre petit ânon du moment .

Notre postulat de base est que l'âne par sa présence va susciter des interactions positives , et  va activer une communication multicanale où le langage sera secondaire . On observe en effet que le premier mode de communication choisi dans ce contact est le toucher . La main glisse dans la fourrure , gratte , chatouille, joue avec les poils ... C'est une conduite instinctive que l'on peut  rapprocher du Grooming (conduite de toilettage social que l'on observe chez certains animaux ,les singes notamment mais aussi chez les équidés dont les ânes ! et qui à pour fonction de créer des liens et d'apaiser des tensions ...) . Sans doute le contact avec la fourrure de notre ânon va avoir les mêmes effets apaisant, relaxant et rassurant pour Clémence . Chacun en aura fait l'éxpérience cette fonction apaisante et réciproque , elle concerne tout autant l'animal que la personne . " Peu importe qui commence : animal et humain font système , il y a contagion des émotions " .(72° symposium Sarre-Lorr-Lux / La Relation homme - Animal /Véronique Servais ) . Mamie Clémence, a comme nous tous ,conservé ce besoin de contact et de chaleur , pouvoir toucher la fourrure de l'ânon lui permet de satisfaire ce besoin .

Le deuxiéme élément observable dans cette situation est Le regard .  Cet élément est le signal le plus puissant de notre répertoire de communication non verbale . Le regard mutuel recherché , est une forme de contact  et il offre la possibilité de créer  une sphére de communication intime . La photo 2 le montre bien Mamie et réglisse sont reliées , présente l'une à l'autre . Regarder et aussi être regardé semble être un élément relationnel important , qui restaure et interagit de façon positive .

Que pouvons-nous extraire encore ,comme enseignement, de cette rencontre ; sans doute que Réagir - S'intéresser à - s'exprimer c'est Thérapeutique en soi !  On y ajoute des sourires, des paroles , la fierté d'être prise en photo avec les ânes ...  Ces instants de bonheur découverts ou retrouvés peuvent tout simplement motiver la décision de faire un détour par ânikounâ !

Avec nos plus douces pensées à Clémence !

 

annick

mercredi 3 septembre 2008

L'un, l'âne et l'autre !

Ce printemps pluvieux, un peu loin déjà, a été l'occassion de croiser d'autres regards de serrer de nouvelles mains ,d'accompagner dans leur rencontre à l'âne des personnes différentes, bien différentes ...

Plusieurs services médicalisés nous ont demandé d' organiser des séances pour leurs résidents . Certains sur 2 jours, d'autres pour 1 aprés-midi. Est-ce le fait de cette concentration à un moment donné , est-ce la lourdeur des handicaps endossés ? Les deux surement, nous avons cru être sur une autre planète ! confrontés à cet autre semblable et si étrange .

 La population des M.A.S et F.AM est constituée d'adultes polyhandicapés, présentant des atteintes sévères tant au niveau moteur que psychique avec une restriction extrême des moyens de communication . Et quand un plein mini-bus (17 pers ) déboule sous une pluie battante pour faire un pique-nique avec les ânes !!! On en prend plein la figure . On improvise un réfectoire dans l'ânerie , et on obtient une densité incroyable d'étrangeté ! Des corps tordus , repliés , sautillants pour certains dans une chorégraphie psychotique , des visages figés dans des mimiques ritualisées , des cris, des râles, des rires, des odeurs de bave et d'urine ...  Et l'on s'étonne une nouvelle fois de s'entendre dire '' Bonjour, Bienvenue à ânikounâ ! Alors vous êtes venus voir les ânes ? '' Et le pique-nique commence ... Alors l'inquiétude et le doute  gagnent les âniers qui malgré leur large ouverture d'esprit ressentent comme une fracture du crâne ! Comme un état mental particulier L'ETONNEMENT !!!

Et tout va aller crescendo, la rencontre avec ces hommes et ces femmes, leur façon d'être au monde en premier lieu, mais aussi leur façon d'aborder l'autre et en particulier l'âne . Pour nous c'était pas gagné. Nous avons proposé une première approche autour du pansage , de la caresse , d'être à côté , en petit groupe autour d'un âne . L'adhésion ne se fait pas d'emblée, pourtant des groupes se forment ça et là sous les abris, il pleut toujours, comme pour en rajouter à cette ambiance psychédélique !  

             

 

Quelques gestes d'approche sont tentés, des sourires éclairent des visages encapuchonnés, une agitation naît à l'abri de la cabane, l'âne brait ! les personnes s'étonnent, une main se pose sur l'encolure, une autre glisse sur le dos de l'âne ... les sensations émergent, les émotions se dévoilent, la rencontre s'installe.(les âniers se détendent).

Point de magie à tout cela, de la présence, de l'éspérance, de la sollicitude. Pas de hasard dans cette rencontre , dans ce pas fait vers nos ânes, dans cette main qui appuie une caresse. L'âne attire, aspire ces intentions maladroites, sans jugement .  L'ordre des choses est bousculé ce qui est secondaire devient principal, ce qui est rejeté devient attractif, ce qui est anodin devient essentiel , ce qui est dévalorisé prend de l'importance ...

Comme nous le propose Jocelyne Soulié (article ASH ) "Peut être faut-il réinventer l'étonnement. Aller au delà de l'écoute empatique et compréhensive .Retrouver le sens, accepter de bousculer le protocle par un nouveau questionnement. Celui de L'étonnement . Renverser les représentations et sortir de ce que l'autre donne à voir ... Dans la relation professionnelle, il s'agit de remettre de l'intention et de l'étonnement dans cette intention. Inviter l'autre à sa table, le faire sortir lui-même de ses à priori , le revisiter dans une nouvelle forme d'hospitalité."

L'âne n'a pas d'à priori, l'humain l'intéresse pour peu qu'il s'approche, se pose à ses côtés, et se laisse aspirer dans cette bulle fluide, transparente et contenante dont il a la magie. Non pas coupée du monde, bien au contraire au plus près du vivant, dans cet espace , cet entre-deux que lui et l'autre forment le lien se crée (secret) .

"Au moment de l'étonnement, commence le partage: on est "embarqué" , avec et pour autrui, on accepte de se laisser emporter par la fêlure, le tiraillement, le fendillement... "

Les ânes nous y aident bien et facilitent cette posture, font naître des sensations, des sensations-émotions partageables dans une authentique relation à l'autre .Et c'est cet accordage, cette résonance provoquée par l'âne qui humanise. Là est le propre de l'âne en médiation, dans sa qualité à faire résonance, à faire lien ... Laissons crier et s'émouvoir, pour redonner du sens, de l'échange, de la communication ..

"Reste que toutes les postures pour m'ouvrir les yeux sont les bienvenues et l'étonnement en est une , affirme Joceline Soulié. Alors oui, je veux bien me laisser ébranler par le singulier et l'extraordinaire . Etendre mon regard et en poser un nouveau sur autrui" .

Merci à ces groupes d'avoir croisé le chemin d'ânikounâ, de nous avoir troublé, et questionné , permis d'aller du côté de l'inconnu, de l'altérité , de l'énigme d'autrui .

annick

REF article ASH; N°2559 tribune libre : L'étonnement , pour une nouvelle relation à l'usager . Joceline Soulié, AS au conseil Général du Val-de-Marne, propose une variation sur cet état mental, familier des enfants, qui constitue une possible clé pour éviter la " banalisation de l'autre".

samedi 8 décembre 2007

un espace possible de progrés !

Nous avons coutume de dire qu' "ânikounâ est un espace de rencontre, entre l'âne et l'enfant handicapé", c'est même inscrit dans nos statuts !

Mais c'est aussi un espace de progrés, que nous constatons aujourd'hui pour des enfants en situation de polyhandicap . Les espaces de "travail"s'élargissent, les possibilités de mobilisation corporelle se déclinent dans des postures qui nous paraissaient trop ambitieuses, l'endurence dans l'activité et le plaisir exprimé se démultiplient !  Un engagement de part et d'autre qui implique des propositions d'activités variées pour répondre à cet appétit de découverte, de sensation et de plaisir partagé ! 

                                                                                                                                                           Merci à toute l'équipe de la souris verte pour son engagement dans cette activité qu'ils ont nommé ; "de la coque à l'âne" !

   

                                              

dimanche 25 novembre 2007

pratique de l'âne avec un Institut Médico-éducatif

 Ayant appris l'existence d'ânikounâ par Mikaël (jeune adolescent accueilli à l'I.M.E , qui fréquente l'asso le W.E et pendant les vacances scolaires), un travail régulier s'est mis en place avec un groupe de l'institut Médico-éducatif de Neuvic.

Martine , éducatrice, à L'I.M.E a accompagné un groupe 4 enfants à ânikounâ tous les 15 jours pour un après-midi de découverte et de pratique de l'âne de Janvier à Juin 2007. Ces rencontres toujours très attendues, que je vous propose de découvrir ici, ont aussi donné lieu à un travail d'écriture par ces enfants en échec scolaire. En alternance donc il y avait la sortie aux ânes le jeudi après-midi et la semaine suivante l'évocation , la souvenance de ces instants vécus , de ces moments que l'on retrace . La drenière séance de Juin a été pour nous l'occassion de découvrir tout ce travail ! Un album qui relate les moments forts des séances et retrace les activités proposées. Les textes ont  été écrits et tapés à l'ordinateur par les enfants .

Pour les premières rencontres nous faisons le choix d'utiliser nos petits ânes faciles d'abord, et très sociables . Les enfants sont un peu excités et agités, parlent beaucoup veulent tout faire dans un empressement qui sied mal à nos amis aux grandes oreilles réputés pour leur qualité de sage lenteur. Plaisir, appréhension voire angoisse pour certaines des filles de ce groupe s'expriment dans ces premiers temps de rencontres.

L'analyse comportementale des relations entre les enfants et l'âne, met en évidence le pouvoir révélateur et structurant de l'animal sur le développement affectif et cognitif de l'enfant .

L'organisation de l'activité, la proposition de Rencontre/connaissance et utilisation de l'âne va permettre au jeune déficient intellectuel de mobiliser des compétences spécifiques et individuelles.

L'espace et le temps (comme repères structurants) / L'attention soutenue ;

L'empressement de Maya :

Maya est tout juste descendue du bus qui la conduit à ânikounâ que déjà elle nous interpelle dans le chemin qui la conduit à la cabane, sans poser son regard nulle part. "ILs sont où les ânes ? , on va les prendre ? C'est quand on monte ? je vais monter moi ? et Anna elle va monter , Anna ? " _ "Bonjour, Maya ! Regarde ils sont là ...tranquilles "

 Le premier travail sera avec cette jeune fille, de lui permettre de repérer des espaces et des temps différenciés (définis et distincts) . Son empressement à faire, son regard très mobile sous une frange qui lui barre le visage, son phrasé précipité traduisent une personnalité d'enfant inquiete non sécure par rapport au monde extérieur, mais aussi, sans doute, interne. Ce comportement hyperactif vient brouiller et entraver sa capacité à être là, à habiter un présent.

Les différentes séquences qui rythment l'activité vont agir commme autant de repères rassurants qui permettent de prévoir d'anticiper et aussi d'attendre . Toutes ces notions du registre de la temporalité et de la spatialité semblent aller de soi, ou au contraire peuvent être terriblement abstraites . Nous verrons au fil des séances combien l'espace et le temps sont des notions intimement liées entre elles mais aussi à l'identité du sujet . La conscience du temps se détermine à travers la récurence de moments forts , c'est aussi une donnée affective. Et l'animal dans tout ça ?  Il est au centre de nos propositions, il va conduire l'enfant à faire l'expérience d'une rencontre émotionnelle, affective, relationnelle et cognitive.

        La spatalité est la fonction qui nous permet de concevoir l'espace; une étendue qui nous entoure et dans laquelle nous nous situons, avec la possibilité d'y évoluer, d'aller d'un point à un autre d'en revenir par le même chemin ou par un autre .

     Maya et Anna (les inséparables !) en repérage sur le parcours .

               

    "l'âne monté "; un vrai plaisir,  qui demande maitrise de soi et aussi une mise en confiance

Le chevauchement, "un dialogue tonico-postural" c'est à dire un accordage tonique, postural, émotionnel, affectif et rythmique entre l'âne et son cavalier. Ceci à partir des informations qu'ils recueillent mutuellement sur leurs ajustements corporels grâce à leurs récepteurs somatiques, propriocepteurs et vestibulaires  .          

mardi 24 juillet 2007

rencontre du 3éme age !

Deuxième expérience pour ânikounâ avec les personnes âgées ; nos ânes et nous-mêmes plongés un après-midi dans cet univers des personnes veillissantes, dépendantes, entrées dans le 3ème âge comme si l' on abordait un continent du bout du monde ... La maison de retraite ouvre ses portes aux ânes d'ânikounâ le pari est pris de faire participer les personnes les plus handicapées physiquement ou psychiquement, à ces rencontres insolites mais ô combien mobilisatrices de désirs, de sourires, de paroles, d'étonnement et d'échanges avec l'autre ...  Pour preuve ( s'il fallait) cette série de mains tendues ; 

      

    

l'étonnement est grand chez le personnel soignant de voir ces mains d'ordinaire désoeuvrées aller au contact, renouer instinctivement avec le plaisir de toucher .

Pour certains ce geste nécessite d'être accompagné ;

  

Pour d'autres la rencontre se fait autrement , mais non moins intensément ;

 

Et puis il y a eu le très attendu tour en carriole; (c'était entre nous, tant pis pour le jupon ! )

  

Et aussi quelques gestes plus techniques, et deux trois pas en compagnie de ce si gentil animal ...

   

Belle aventure que nous avons vécu là avec nos ânes . J'aimerais la poursuivre  plus régulièrement plus individuellement . On perçoit vraiment en présence de chacune de ces personnes un besoin de contact  physique et chaleureux , ce contact essentiel se perd dans une organisation de vie collective même si celle-ci est pensée pour être la moins désocialisante possible . Un travail thérapeutique basé sur l'apport positif du toucher et la création ou restauration de liens émotionnels me parait , dans une première réflexion après cette expérience, un point essentiel à aborder si d'aventure nous pouvions continuer d'accompagner, à notre façon , ces passagers embarqués dans un drôle de navire .

 Vade retro douleurs physiques qui paralysent mon corps et m'enserrent le coeur ! Vade retro mal être psychique qui me ronge l'esprit et me fait oublier l'existence de mes proches et mon identité, où va ma dignité ? La dépendance guette et s'installe dans les corps et les esprits . La folie s'avance sournoisement , se dévoile au détour d'une phrase, mais la vie est là qui demande à renouer pour un instant avec le monde. Ne pas lâcher , occuper le terrain tel est le projet de ces équipes soignantes qui oeuvrent  auprés de cette population (nos parents, nos grands-parents) que nous ne sommes plus à même d'assumer au quotidien . Ainsi va la vie !

   Un projet est en gestation (!)   à suivre ...

Annick

   

   

dimanche 1 avril 2007

Une journée qu'on voudrait simple...

Voilà presque 1 an que ce groupe d'adultes de la Fondation John Bost (établissement psychiatrique), participe à des séances à ânikounâ . C'est avec beaucoup de plaisir que nous nous rencontrons les Jeudis après-midi . Ils descendent du fourgon avec entrain, visiblement contents de retrouver les animateurs d'ânikounâ et les ânes . Que connaissons nous de ces 3 et parfois 4 hommes atteints de troubles psychiques graves qui se dirigent vers nous bras tendus ? Pas grand chose à vrai dire . Leur accompagnatrice-éducatrice , nous dira qu'Emmanuel n'a pas pu venir aujourd'hui , l'angoisse était trop importante ,il n'a pas pu se risquer à quitter le pavillon . Quatre séances sans Emmanuel . "Mais il reste inscrit à l'activité" nous dit Julie presque gênée par ses absences " C'est trop dur pour lui en ce moment, il faut attendre". 

Quand vous "tenez" un atelier, un groupe, vous exercez la "fonction autobus" chère au docteur Oury . Si vous êtes conducteur d'autobus , vous assurez la ligne, vous arrêtez votre véhicule à des points de rencontres habituels et indiqués. Vous accueillez les voyageurs qui montent à bord. Si personne ne monte, vous vous arrêtez tout de même aux points où vous êtes attendu, quitte à repartir à vide. Le boulot, c'est aussi de permettre du déplacement... et pas seulement dans l'espace .

Martin ne nous semble pas très en forme , le regard ailleurs la bouche bée ... ça va Martin ? Oui ça va ! pourquoi tu me demandes ça ? (C'est vrai, ça fait 3 fois que je lui pose la question) Je sais pas, je te trouve peut être un peu fatigué ? L'éducatrice nous confie qu'un nouveau médecin psychiatre est arrivé au pavillon , les traitements ont été modifiés... Martin a une carrure imposante, un corps massif et une humeur très changeante; ses plaisanteries et grands sourires laissent parfois place à des bouffées de tristesse. Son corps lourd s'effondre au sol et des sanglots étouffés , et incompréhensibles à nos yeux, l'envahissent . Mais Julie est là qui veille à l'état de chacun, elle trouve les mots justes pour le ramener au groupe et à son âne. Martin reprend le cours des choses ... Nous avons perçu un peu de sa souffrance.  

     

Maurice s'approche de moi, nous avons une relation privilégiée qui s'est tissée au fil des rencontres : - c'est toi qui tiendra l'âne aujourd'hui , tu feras les sabots , je ne suis pas très en forme , non je ne suis pas très en forme ! D'accord Maurice mais vous m'aiderez un peu ? C'est comme un rituel qui s'est instauré , Maurice demande qu'on fasse pour lui. Alors je l'écoute : je fais, il reste avec moi... et peu à peu il s'inscrit dans les tâches et fait de lui- même et semble y prendre du plaisir . D'autres fois je promène l'âne , il me tient la main ! et la séance en restera là .

 Le tout c'est "d'organiser les choses pour que chacun soit concerné dans sa singularité...sinon c'est pas la peine...Parce que ce qui compte pour quelqu'un, qu'on soit fou ou pas fou, c'est qu'on puisse se distinguer des autres... Pas par narcissisme exacerbé, mais simplement avoir la possibilité de se délimiter, de se reconnaître...(Jean Oury) .

     

 Jacques est déjà avec son âne . C'est Café qui a sa préférence depuis plusieurs séances . Jacques a beaucoup progressé dans ses déplacements avec l'âne. Trés embrouillé et enmmêlé au début, il avait de grandes difficultés à s'orienter sur le parcours et à se positionner par rapport à l'âne.  Les chutes étaient fréquentes . Aujourd'hui Jacques est en confiance avec son âne et en réussite sur le parcours qu'il peut réaliser seul . Il en retire une grande fierté . Julie souligne les efforts de maîtrise que fait Jacques dans cette situation particulière, à ânikounâ. Il peut être très impulsif et vite déstabilisé physiquement et psychiquement ailleurs ...

     

Nous finissons la séance à la cabane et échangeons sur ce qui s'est vécu pour les uns et les autres. Jacques est très enthousiaste il nous rapporte ses exploits dans une cascade de mots et un discours précipité. On comprendra Café- mon âne - le parcours -bien -Café- mon âne ... Martin questionne dans un grand sourire : on est copains ? Oui nous sommes amis maintenant à se côtoyer, à partager ces moments d'une journée qu'on voudrait simple.

 La séance est finie pour Maurice, un petit café ,la cigarette, les vieilles habitudes reprennent le devant de la scène, se réinstallent, dangeureusement rassurantes. Il semble indifférent, insensible à ce que d'autres ont vécu comme un exploit, il repart inchangé ou si peu ..., du moins semble -t-il.

Mais dérangez le train-train mortifère, il en restera toujours quelque chose. D'avoir simplement respiré un autre air, rompu avec la monotonie du quotidien, on gagne en liberté.

Et Julie repart au volant du fourgon un peu poussif avec sa précieuse cargaison de passagers instables qu'elle ramène au pavillon . Les bras s'agitent derrière les vitres , nous en faisons de même plantés au milieu du chemin, quel dépaysement !

Annick

  

mardi 27 février 2007

accueil d'adultes

Depuis ce debut d'année nous reçevons un nouveau groupe d'adultes, du Foyer occupationnel de Gammareix des Papillons blancs . Une nouvelle aventure commence avec Christelle , Sylvie et Jhonatan , accompagnés de Véronique .

Il faut apprendre à se connaitre , à communiquer et partager avec eux notre intéret pour les ânes . Ici, c'est la deuxiéme séance et déjà tout le monde parait plus à l'aise . Plusieurs semaines se sont écoulées depuis la premiére rencontre. Pendant ce temps nous avons refléchi à l'accueil, à la séance possible, nous avons échangé sur nos premiéres impressions ... nous savons qu'il faut du temps , qu'il faut laisser le temps que les choses se placent , que chacun avance à son rythme ... il faut aussi garder en tête que l'on est là pour accompagner la rencontre, soutenir le désir , dans le respect de la singularité de chacun , savoir attendre, ne pas brusquer, avoir confiance , accueillir .

C'est jamais simple un debut , pas plus pour ces adultes, leur éducatrice que pour nous . C'est un moment à part, c'est un moment important , c'est un moment qui donne à penser à chacun ... Un debut c'est précieux , souvent on s'en souvient toujours . C'est exigent en attention , c'est chargé  d'appréhension et de désir de compréhension pour les deux parties .

             

         Joyeuse complicité ,                        et réelle  application ...

 Aussi quand on se retrouve chacun à fait un bout de chemin , (dans sa tête) , la peur de l'inconnu s'est atténuée et l'on vient vérifier si Dagobert est bien là , si... on va leur donner à manger ? ,  on peut les brosser ?, les rentrer au pré ?  si on peut prendre quelques repéres et commençer à construire une relation . Et tout a été plus facile la deuxiéme fois , plus léger , plus dynamique , plus habité de rires, d'étonnements, de gestes et de paroles ...

à suivre . 

Annick

samedi 3 février 2007

Incroyable progrés

Si vous êtes de fidéles visiteurs du blog d'ânikounâ vous connaissez Anthony , petit garçon fréquentant la Souris verte et ânikounâ avec le  groupe du Jeudi . Pour les autres fouillez dans le blog , vous trouverez différents billets relatants ses étonnantes séances. Mais là c'est LA SEANCE , celle à laquelle on rêve , celle qu'on imagine possible , celle qui parait accessible et pourtant tellement difficile à l'enfant , car ce n'est pas un petit pas d'âne c'est un pas de géant ! 1, 2 ,3,  GRAND-MERE et c'est parti ! Vous vous retournez et vous n'en croyez pas vos yeux !!!

              

Regardez l'accompagnante comme elle y croit, comme elle est fiére !

Regardez l'enfant comme il est porté par cette attention , ce désir partagé , ce regard non pas l'un vers l'autre mais vers la même direction . Quel est le plus fier des deux ? Bien malin qui le dira ... Et moi derriére cet objectif je jubile , je savoure cette mise en situation, ce travail remarquable d'accompagnement, de décriptage de l'adulte, qui malgré un départ colérique et angoissé de l'enfant , sait qu'il peut, sait qu'il veut , sait que la peur ne gagnera pas aujourd'hui, n'empêchera pas la pensée bienveillante d'exercer son action de portage "psychique" .

         

Merçi Tango d'être le médiateur patient, ajusté et coopérant .

Annick

dimanche 19 novembre 2006

Avec ou sans selle ? ... à chacun son régime !

Le pouquoi et le comment de nos propositions :

Avec ou sans ?  que  va permettre la selle à un moment donné ? , comment va -t'elle agir sur la posture de l'enfant ? , loin d'une pratique équestre ,nous l'utilisons néanmoins , dans nos séances avec certains enfants , pendant qu'avec d'autres nous retournons à une assise à cru .

        

Génese de nos propositions, en matiére de portage, en station cavaliére :

1ére remarque:  quand nous parlons portage, nous pensons : expérience sensorielle !

sur la photo ci-dessus nous avons 2 enfants qui participent au même groupe âne, pour lesquels nous avons une intention de travail différente ;  Alisson , accompagnée par une psychomotricienne, à besoin d'un contact  contenant et repérable au niveau de l'assise. Le contact direct avec l'animal, à d'autres moments utilisé, entraine quasi systématiquement une posture régressive ; elle s'allonge, replie ses jambes en position foetale et s'endort ! pour dynamiser cette expérience de portage et de déplacement, tout en gardant son équilibre nous avons "tenté" l'utilisation de la selle . Alisson (enfant polyhandicapée atteinte d'une cécitée corticale) prend ses repéres perçoit  le pommeau comme une accroche possible , et installe peu à peu son bassin dans l'assise ainsi proposée . La psychomotricienne qui l'accompagne lui balise,  par des touches dorsales et ventrales son espace . Alisson est en éveil, attentive aussi aux balancements  provoqués par la marche de l'âne . Elle vit son corps dans et par cette nouvelle posture  ; se percevoir , se sentir , mieux se connaitre , autant de notions basales qui permettent d'évoluer avec moins d'angoisse dans la vie quotidienne .

Pour Théo , c'est une autre proposition; il monte à cru , la sellette d'attelage est utilisée comme surfaix , elle permet une accroche, un point d'ancrage .Nous proposons ici à Théo de se mobiliser dans sa recherche d'équilibre, sur le dos de l'âne , (pas si facile, pour l'avoir moi même expérimenter !) Théo est un enfant en cours d'apprentissage de la marche autonome , il posséde tout ce qu'il faut pour ; pas de problème orthopédique , une bonne musculature , le désir , le plaisir sont aussi là ...mais voilà Théo nous montre encore des hésitations à partir seul . La pratique de "l'âne monté" , accompagnée par le psychologue de son service de soin a pour but de lui donner confiance en ses potentiels. Oui , Théo tu peux lâcher l'adulte et voler de tes propres ailes ! Facile à dire , bien moins à vivre du haut de son âne et de ses 4 ans !  savoir lâcher , oser s'aventurer c'est aussi perdre un peu .. de sa dépendance à l'autre , perdre une place pour en gagner une autre . Tout ce processus de développement a besoin d'être accompagné pour Théo , car c'est un enfant un peu différent , entravé dans son développement de petit graçon . Il faut aller le "chercher dans son monde "lui montrer les bénéfices qu'il peut tirer à être en relation avec le monde qu'il l'entoure . Son sourire, ses éclats de rires quand tous les adultes accompagnants applaudissent ses performences nous permettent de rester trés confiant en l'avenir ...

         

 Alisson s'endort ...                           Théo s'en va ...

Derniére remarque ; nous proposons, ils disposent ...laissons nous surprendre !

Annick