ânikounâ

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samedi 8 décembre 2007

un espace possible de progrés !

Nous avons coutume de dire qu' "ânikounâ est un espace de rencontre, entre l'âne et l'enfant handicapé", c'est même inscrit dans nos statuts !

Mais c'est aussi un espace de progrés, que nous constatons aujourd'hui pour des enfants en situation de polyhandicap . Les espaces de "travail"s'élargissent, les possibilités de mobilisation corporelle se déclinent dans des postures qui nous paraissaient trop ambitieuses, l'endurence dans l'activité et le plaisir exprimé se démultiplient !  Un engagement de part et d'autre qui implique des propositions d'activités variées pour répondre à cet appétit de découverte, de sensation et de plaisir partagé ! 

                                                                                                                                                           Merci à toute l'équipe de la souris verte pour son engagement dans cette activité qu'ils ont nommé ; "de la coque à l'âne" !

   

                                              

dimanche 25 novembre 2007

pratique de l'âne avec un Institut Médico-éducatif

 Ayant appris l'existence d'ânikounâ par Mikaël (jeune adolescent accueilli à l'I.M.E , qui fréquente l'asso le W.E et pendant les vacances scolaires), un travail régulier s'est mis en place avec un groupe de l'institut Médico-éducatif de Neuvic.

Martine , éducatrice, à L'I.M.E a accompagné un groupe 4 enfants à ânikounâ tous les 15 jours pour un après-midi de découverte et de pratique de l'âne de Janvier à Juin 2007. Ces rencontres toujours très attendues, que je vous propose de découvrir ici, ont aussi donné lieu à un travail d'écriture par ces enfants en échec scolaire. En alternance donc il y avait la sortie aux ânes le jeudi après-midi et la semaine suivante l'évocation , la souvenance de ces instants vécus , de ces moments que l'on retrace . La drenière séance de Juin a été pour nous l'occassion de découvrir tout ce travail ! Un album qui relate les moments forts des séances et retrace les activités proposées. Les textes ont  été écrits et tapés à l'ordinateur par les enfants .

Pour les premières rencontres nous faisons le choix d'utiliser nos petits ânes faciles d'abord, et très sociables . Les enfants sont un peu excités et agités, parlent beaucoup veulent tout faire dans un empressement qui sied mal à nos amis aux grandes oreilles réputés pour leur qualité de sage lenteur. Plaisir, appréhension voire angoisse pour certaines des filles de ce groupe s'expriment dans ces premiers temps de rencontres.

L'analyse comportementale des relations entre les enfants et l'âne, met en évidence le pouvoir révélateur et structurant de l'animal sur le développement affectif et cognitif de l'enfant .

L'organisation de l'activité, la proposition de Rencontre/connaissance et utilisation de l'âne va permettre au jeune déficient intellectuel de mobiliser des compétences spécifiques et individuelles.

L'espace et le temps (comme repères structurants) / L'attention soutenue ;

L'empressement de Maya :

Maya est tout juste descendue du bus qui la conduit à ânikounâ que déjà elle nous interpelle dans le chemin qui la conduit à la cabane, sans poser son regard nulle part. "ILs sont où les ânes ? , on va les prendre ? C'est quand on monte ? je vais monter moi ? et Anna elle va monter , Anna ? " _ "Bonjour, Maya ! Regarde ils sont là ...tranquilles "

 Le premier travail sera avec cette jeune fille, de lui permettre de repérer des espaces et des temps différenciés (définis et distincts) . Son empressement à faire, son regard très mobile sous une frange qui lui barre le visage, son phrasé précipité traduisent une personnalité d'enfant inquiete non sécure par rapport au monde extérieur, mais aussi, sans doute, interne. Ce comportement hyperactif vient brouiller et entraver sa capacité à être là, à habiter un présent.

Les différentes séquences qui rythment l'activité vont agir commme autant de repères rassurants qui permettent de prévoir d'anticiper et aussi d'attendre . Toutes ces notions du registre de la temporalité et de la spatialité semblent aller de soi, ou au contraire peuvent être terriblement abstraites . Nous verrons au fil des séances combien l'espace et le temps sont des notions intimement liées entre elles mais aussi à l'identité du sujet . La conscience du temps se détermine à travers la récurence de moments forts , c'est aussi une donnée affective. Et l'animal dans tout ça ?  Il est au centre de nos propositions, il va conduire l'enfant à faire l'expérience d'une rencontre émotionnelle, affective, relationnelle et cognitive.

        La spatalité est la fonction qui nous permet de concevoir l'espace; une étendue qui nous entoure et dans laquelle nous nous situons, avec la possibilité d'y évoluer, d'aller d'un point à un autre d'en revenir par le même chemin ou par un autre .

     Maya et Anna (les inséparables !) en repérage sur le parcours .

               

    "l'âne monté "; un vrai plaisir,  qui demande maitrise de soi et aussi une mise en confiance

Le chevauchement, "un dialogue tonico-postural" c'est à dire un accordage tonique, postural, émotionnel, affectif et rythmique entre l'âne et son cavalier. Ceci à partir des informations qu'ils recueillent mutuellement sur leurs ajustements corporels grâce à leurs récepteurs somatiques, propriocepteurs et vestibulaires  .          

mardi 24 juillet 2007

rencontre du 3éme age !

Deuxième expérience pour ânikounâ avec les personnes âgées ; nos ânes et nous-mêmes plongés un après-midi dans cet univers des personnes veillissantes, dépendantes, entrées dans le 3ème âge comme si l' on abordait un continent du bout du monde ... La maison de retraite ouvre ses portes aux ânes d'ânikounâ le pari est pris de faire participer les personnes les plus handicapées physiquement ou psychiquement, à ces rencontres insolites mais ô combien mobilisatrices de désirs, de sourires, de paroles, d'étonnement et d'échanges avec l'autre ...  Pour preuve ( s'il fallait) cette série de mains tendues ; 

      

    

l'étonnement est grand chez le personnel soignant de voir ces mains d'ordinaire désoeuvrées aller au contact, renouer instinctivement avec le plaisir de toucher .

Pour certains ce geste nécessite d'être accompagné ;

  

Pour d'autres la rencontre se fait autrement , mais non moins intensément ;

 

Et puis il y a eu le très attendu tour en carriole; (c'était entre nous, tant pis pour le jupon ! )

  

Et aussi quelques gestes plus techniques, et deux trois pas en compagnie de ce si gentil animal ...

   

Belle aventure que nous avons vécu là avec nos ânes . J'aimerais la poursuivre  plus régulièrement plus individuellement . On perçoit vraiment en présence de chacune de ces personnes un besoin de contact  physique et chaleureux , ce contact essentiel se perd dans une organisation de vie collective même si celle-ci est pensée pour être la moins désocialisante possible . Un travail thérapeutique basé sur l'apport positif du toucher et la création ou restauration de liens émotionnels me parait , dans une première réflexion après cette expérience, un point essentiel à aborder si d'aventure nous pouvions continuer d'accompagner, à notre façon , ces passagers embarqués dans un drôle de navire .

 Vade retro douleurs physiques qui paralysent mon corps et m'enserrent le coeur ! Vade retro mal être psychique qui me ronge l'esprit et me fait oublier l'existence de mes proches et mon identité, où va ma dignité ? La dépendance guette et s'installe dans les corps et les esprits . La folie s'avance sournoisement , se dévoile au détour d'une phrase, mais la vie est là qui demande à renouer pour un instant avec le monde. Ne pas lâcher , occuper le terrain tel est le projet de ces équipes soignantes qui oeuvrent  auprés de cette population (nos parents, nos grands-parents) que nous ne sommes plus à même d'assumer au quotidien . Ainsi va la vie !

   Un projet est en gestation (!)   à suivre ...

Annick

   

   

dimanche 1 avril 2007

Une journée qu'on voudrait simple...

Voilà presque 1 an que ce groupe d'adultes de la Fondation John Bost (établissement psychiatrique), participe à des séances à ânikounâ . C'est avec beaucoup de plaisir que nous nous rencontrons les Jeudis après-midi . Ils descendent du fourgon avec entrain, visiblement contents de retrouver les animateurs d'ânikounâ et les ânes . Que connaissons nous de ces 3 et parfois 4 hommes atteints de troubles psychiques graves qui se dirigent vers nous bras tendus ? Pas grand chose à vrai dire . Leur accompagnatrice-éducatrice , nous dira qu'Emmanuel n'a pas pu venir aujourd'hui , l'angoisse était trop importante ,il n'a pas pu se risquer à quitter le pavillon . Quatre séances sans Emmanuel . "Mais il reste inscrit à l'activité" nous dit Julie presque gênée par ses absences " C'est trop dur pour lui en ce moment, il faut attendre". 

Quand vous "tenez" un atelier, un groupe, vous exercez la "fonction autobus" chère au docteur Oury . Si vous êtes conducteur d'autobus , vous assurez la ligne, vous arrêtez votre véhicule à des points de rencontres habituels et indiqués. Vous accueillez les voyageurs qui montent à bord. Si personne ne monte, vous vous arrêtez tout de même aux points où vous êtes attendu, quitte à repartir à vide. Le boulot, c'est aussi de permettre du déplacement... et pas seulement dans l'espace .

Martin ne nous semble pas très en forme , le regard ailleurs la bouche bée ... ça va Martin ? Oui ça va ! pourquoi tu me demandes ça ? (C'est vrai, ça fait 3 fois que je lui pose la question) Je sais pas, je te trouve peut être un peu fatigué ? L'éducatrice nous confie qu'un nouveau médecin psychiatre est arrivé au pavillon , les traitements ont été modifiés... Martin a une carrure imposante, un corps massif et une humeur très changeante; ses plaisanteries et grands sourires laissent parfois place à des bouffées de tristesse. Son corps lourd s'effondre au sol et des sanglots étouffés , et incompréhensibles à nos yeux, l'envahissent . Mais Julie est là qui veille à l'état de chacun, elle trouve les mots justes pour le ramener au groupe et à son âne. Martin reprend le cours des choses ... Nous avons perçu un peu de sa souffrance.  

     

Maurice s'approche de moi, nous avons une relation privilégiée qui s'est tissée au fil des rencontres : - c'est toi qui tiendra l'âne aujourd'hui , tu feras les sabots , je ne suis pas très en forme , non je ne suis pas très en forme ! D'accord Maurice mais vous m'aiderez un peu ? C'est comme un rituel qui s'est instauré , Maurice demande qu'on fasse pour lui. Alors je l'écoute : je fais, il reste avec moi... et peu à peu il s'inscrit dans les tâches et fait de lui- même et semble y prendre du plaisir . D'autres fois je promène l'âne , il me tient la main ! et la séance en restera là .

 Le tout c'est "d'organiser les choses pour que chacun soit concerné dans sa singularité...sinon c'est pas la peine...Parce que ce qui compte pour quelqu'un, qu'on soit fou ou pas fou, c'est qu'on puisse se distinguer des autres... Pas par narcissisme exacerbé, mais simplement avoir la possibilité de se délimiter, de se reconnaître...(Jean Oury) .

     

 Jacques est déjà avec son âne . C'est Café qui a sa préférence depuis plusieurs séances . Jacques a beaucoup progressé dans ses déplacements avec l'âne. Trés embrouillé et enmmêlé au début, il avait de grandes difficultés à s'orienter sur le parcours et à se positionner par rapport à l'âne.  Les chutes étaient fréquentes . Aujourd'hui Jacques est en confiance avec son âne et en réussite sur le parcours qu'il peut réaliser seul . Il en retire une grande fierté . Julie souligne les efforts de maîtrise que fait Jacques dans cette situation particulière, à ânikounâ. Il peut être très impulsif et vite déstabilisé physiquement et psychiquement ailleurs ...

     

Nous finissons la séance à la cabane et échangeons sur ce qui s'est vécu pour les uns et les autres. Jacques est très enthousiaste il nous rapporte ses exploits dans une cascade de mots et un discours précipité. On comprendra Café- mon âne - le parcours -bien -Café- mon âne ... Martin questionne dans un grand sourire : on est copains ? Oui nous sommes amis maintenant à se côtoyer, à partager ces moments d'une journée qu'on voudrait simple.

 La séance est finie pour Maurice, un petit café ,la cigarette, les vieilles habitudes reprennent le devant de la scène, se réinstallent, dangeureusement rassurantes. Il semble indifférent, insensible à ce que d'autres ont vécu comme un exploit, il repart inchangé ou si peu ..., du moins semble -t-il.

Mais dérangez le train-train mortifère, il en restera toujours quelque chose. D'avoir simplement respiré un autre air, rompu avec la monotonie du quotidien, on gagne en liberté.

Et Julie repart au volant du fourgon un peu poussif avec sa précieuse cargaison de passagers instables qu'elle ramène au pavillon . Les bras s'agitent derrière les vitres , nous en faisons de même plantés au milieu du chemin, quel dépaysement !

Annick

  

mardi 27 février 2007

accueil d'adultes

Depuis ce debut d'année nous reçevons un nouveau groupe d'adultes, du Foyer occupationnel de Gammareix des Papillons blancs . Une nouvelle aventure commence avec Christelle , Sylvie et Jhonatan , accompagnés de Véronique .

Il faut apprendre à se connaitre , à communiquer et partager avec eux notre intéret pour les ânes . Ici, c'est la deuxiéme séance et déjà tout le monde parait plus à l'aise . Plusieurs semaines se sont écoulées depuis la premiére rencontre. Pendant ce temps nous avons refléchi à l'accueil, à la séance possible, nous avons échangé sur nos premiéres impressions ... nous savons qu'il faut du temps , qu'il faut laisser le temps que les choses se placent , que chacun avance à son rythme ... il faut aussi garder en tête que l'on est là pour accompagner la rencontre, soutenir le désir , dans le respect de la singularité de chacun , savoir attendre, ne pas brusquer, avoir confiance , accueillir .

C'est jamais simple un debut , pas plus pour ces adultes, leur éducatrice que pour nous . C'est un moment à part, c'est un moment important , c'est un moment qui donne à penser à chacun ... Un debut c'est précieux , souvent on s'en souvient toujours . C'est exigent en attention , c'est chargé  d'appréhension et de désir de compréhension pour les deux parties .

             

         Joyeuse complicité ,                        et réelle  application ...

 Aussi quand on se retrouve chacun à fait un bout de chemin , (dans sa tête) , la peur de l'inconnu s'est atténuée et l'on vient vérifier si Dagobert est bien là , si... on va leur donner à manger ? ,  on peut les brosser ?, les rentrer au pré ?  si on peut prendre quelques repéres et commençer à construire une relation . Et tout a été plus facile la deuxiéme fois , plus léger , plus dynamique , plus habité de rires, d'étonnements, de gestes et de paroles ...

à suivre . 

Annick

samedi 3 février 2007

Incroyable progrés

Si vous êtes de fidéles visiteurs du blog d'ânikounâ vous connaissez Anthony , petit garçon fréquentant la Souris verte et ânikounâ avec le  groupe du Jeudi . Pour les autres fouillez dans le blog , vous trouverez différents billets relatants ses étonnantes séances. Mais là c'est LA SEANCE , celle à laquelle on rêve , celle qu'on imagine possible , celle qui parait accessible et pourtant tellement difficile à l'enfant , car ce n'est pas un petit pas d'âne c'est un pas de géant ! 1, 2 ,3,  GRAND-MERE et c'est parti ! Vous vous retournez et vous n'en croyez pas vos yeux !!!

              

Regardez l'accompagnante comme elle y croit, comme elle est fiére !

Regardez l'enfant comme il est porté par cette attention , ce désir partagé , ce regard non pas l'un vers l'autre mais vers la même direction . Quel est le plus fier des deux ? Bien malin qui le dira ... Et moi derriére cet objectif je jubile , je savoure cette mise en situation, ce travail remarquable d'accompagnement, de décriptage de l'adulte, qui malgré un départ colérique et angoissé de l'enfant , sait qu'il peut, sait qu'il veut , sait que la peur ne gagnera pas aujourd'hui, n'empêchera pas la pensée bienveillante d'exercer son action de portage "psychique" .

         

Merçi Tango d'être le médiateur patient, ajusté et coopérant .

Annick

dimanche 19 novembre 2006

Avec ou sans selle ? ... à chacun son régime !

Le pouquoi et le comment de nos propositions :

Avec ou sans ?  que  va permettre la selle à un moment donné ? , comment va -t'elle agir sur la posture de l'enfant ? , loin d'une pratique équestre ,nous l'utilisons néanmoins , dans nos séances avec certains enfants , pendant qu'avec d'autres nous retournons à une assise à cru .

        

Génese de nos propositions, en matiére de portage, en station cavaliére :

1ére remarque:  quand nous parlons portage, nous pensons : expérience sensorielle !

sur la photo ci-dessus nous avons 2 enfants qui participent au même groupe âne, pour lesquels nous avons une intention de travail différente ;  Alisson , accompagnée par une psychomotricienne, à besoin d'un contact  contenant et repérable au niveau de l'assise. Le contact direct avec l'animal, à d'autres moments utilisé, entraine quasi systématiquement une posture régressive ; elle s'allonge, replie ses jambes en position foetale et s'endort ! pour dynamiser cette expérience de portage et de déplacement, tout en gardant son équilibre nous avons "tenté" l'utilisation de la selle . Alisson (enfant polyhandicapée atteinte d'une cécitée corticale) prend ses repéres perçoit  le pommeau comme une accroche possible , et installe peu à peu son bassin dans l'assise ainsi proposée . La psychomotricienne qui l'accompagne lui balise,  par des touches dorsales et ventrales son espace . Alisson est en éveil, attentive aussi aux balancements  provoqués par la marche de l'âne . Elle vit son corps dans et par cette nouvelle posture  ; se percevoir , se sentir , mieux se connaitre , autant de notions basales qui permettent d'évoluer avec moins d'angoisse dans la vie quotidienne .

Pour Théo , c'est une autre proposition; il monte à cru , la sellette d'attelage est utilisée comme surfaix , elle permet une accroche, un point d'ancrage .Nous proposons ici à Théo de se mobiliser dans sa recherche d'équilibre, sur le dos de l'âne , (pas si facile, pour l'avoir moi même expérimenter !) Théo est un enfant en cours d'apprentissage de la marche autonome , il posséde tout ce qu'il faut pour ; pas de problème orthopédique , une bonne musculature , le désir , le plaisir sont aussi là ...mais voilà Théo nous montre encore des hésitations à partir seul . La pratique de "l'âne monté" , accompagnée par le psychologue de son service de soin a pour but de lui donner confiance en ses potentiels. Oui , Théo tu peux lâcher l'adulte et voler de tes propres ailes ! Facile à dire , bien moins à vivre du haut de son âne et de ses 4 ans !  savoir lâcher , oser s'aventurer c'est aussi perdre un peu .. de sa dépendance à l'autre , perdre une place pour en gagner une autre . Tout ce processus de développement a besoin d'être accompagné pour Théo , car c'est un enfant un peu différent , entravé dans son développement de petit graçon . Il faut aller le "chercher dans son monde "lui montrer les bénéfices qu'il peut tirer à être en relation avec le monde qu'il l'entoure . Son sourire, ses éclats de rires quand tous les adultes accompagnants applaudissent ses performences nous permettent de rester trés confiant en l'avenir ...

         

 Alisson s'endort ...                           Théo s'en va ...

Derniére remarque ; nous proposons, ils disposent ...laissons nous surprendre !

Annick

 

Les parcours

Il s'agit ici d'un repérage dans l'espace et le temps, d'un cheminement au pas de l'âne, où l'on apprend à le guider ,à le mener sur un parcours pré-établi .Il faut se positionner par rapport à son âne trouver la bonne distance et aborder l'obstacle ; le franchir soit même ,le faire franchir à son compagnon . Etre meneur ! On comprend aisement , tout ce qui se met en oeuvre ; mobilisation motrice et tonique, attention partagée et organisation spatiale ...Eh oui le programme est chargé et riche en surprise !

Nous le proposons à différents publics , c'est un espace à la fois ludique et lieu d'apprentissage. Un parcours trés valorisant, qui demande de la concentration et le désir d'aller au bout !

     Bravo à Christophe qui l'a manifiquement réalisé l'ors de la dreniére séance .

lundi 22 mai 2006

Médiation avec l'âne ... un chemin pour aller vers soi .

Tout commence par la relation établie avec nos ânes, les moments passés à leur parler , à les panser , reconnaitre leurs zones et points sensibles ...Ensuite au cours de leur éducation nous considérons les aptitudes et les difficultés de chacun , leur traits de caractére , leur disponibilité , leur attention et leurs besoins .

                                         

Partant de ce travail d'observation , de relation avec les animaux , nous possédons déjà une bonne base d'approche pour les mettre au service de la médiation éducative et thérapeutique en faveur des personnes que nous recevons .

Par notre connaissance mutuelle avec l'animal et selon la confiance qui se sera établie , nous sommes alors en capacité d'accompagner une communication multi-sensorielle auprés de chacun , et de permettre aux personnes de renouer avec elles-même .

C'est ainsi que j'ai vu la joie d'une fillette en situation de polyhandicap , promenant l'âne Dagobert , qu'elle tenait en longe à travers les chemins.Elle était rayonnante, savourant un sentiment de liberté vagabonde , fière et heureuse de partager cette promenade avec son âne en notre compagnie .

De même , lors de la venue de personnes adultes handicapées mentales , lorsque l'un d'eux d'ordinaire envahi par des angoisses, s'est alors penché contre le flan de l'âne  pour écouter sa réspiration et constatant qu'il se sentait apaisé au contact de l'âne dont il s'occupait.

                                                                                 

C'est aussi pour d'autres  un espace  "transitionnel" dans le quel peuvent s'opérer diverses expériences, comme l'absence douloureuse d'un parent qui vient marquer la séance de Léon (3 ans) qui s'autorise dans ce lieu de médiation à déposer son chagrin.                                                                                        Un accompagant contenant de l'enfant permettra à l'équipe alors présente d'accueillir et de donner sens à ses émotions .(son premier chagrin d'amour ).

     

L'accompagement des personnes en difficulté avec l'aide de l'âne se révèle être une ressource aux déclinaisons infinies pour éveiller la sensorialité , apaiser les angoisses , susciter des joies et des sensations de liberté , de complicité aussi .

Je me fais inviter et j'invite au contact de cet autre être vivant afin de recourir à tous les bienfaits de la relation avec notre compagnon aux grandes oreilles et apprécier cette amicale collaboration.

Jeanny .

lundi 15 mai 2006

ma préférence à  moi !

1,2,3 c'est toi le roi !...

Salomé attire les ânes ...    En début de séance tous viennent la saluer. Voila maintenant 2ans, que cette fillette ,fréqente ânikounâ 1fois par semaine !

Dagobert le petit âne chocolat à souvent sa préférence, mais aujourd'hui c'est Lison qui est choisie . 

!   

                                                                   Sortir du fauteuil pour un calin !

 

 Le plaisr du pansage ...avec un âne à sa hauteur !

Le choix de l'animal, voila un théme  ; laisser l'enfant libre de choisir l'âne avec lequel il va passer sa séance . Les ânes ont tous leur caractéristique pour ne pas dire leur caractére et les enfants ne s'y trompent pas . Quand cela est possible pour eux, nous leur proposons de choisir , de désigner l'âne qui sera leur partenaire de séance... Selon l'humeur du moment,le souvenir de la séance passée, ou toute autre chose qui nous échappe,l'enfant pose un choix : le "Papa âne" , gros nounours docile, la fille du "papa âne" , douce et caline mais toujours préte à faire une bétisse , l'âne "tout noir" énigmatique ,le plus grand des "petits" ... l'enfant est mis en position de sujet à part entiére. Ce qu'il vit là, lui appartient. Les adultes accompagnent, soutiennent le désir, offrent un cadre où la parole exprimée prend sens , tout simplement ... 

annick

dimanche 23 avril 2006

A petits pas vers 1 et 1 font 2 !

Un travail de "contenance" ...pour aller plus loin dans l'entre -deux .

                  Rassuré par la premiére approche dans la cabane; lui d'un côté , et  l'âne de l'autre de la barriére, Anthony est conduit  à l'extérieur par Jeanny  .La sucette à la bouche, connue, rassurante ,les bras de l'accompagnante suffisamment porteurs et contenants vont permettre à l'enfant d'oser aller plus loin dans l'expérience d'éprouvés corporels .Cette bulle de sécurité primordiale , indispensable, inlassablement demandée, co-construite et finalement opérante, permet la mise en situation sur le dos de l'âne. Dans cet ajustement , l'adulte là, soutient l'expérience, la verbalise , reconnait et partage l'émotion , celle -ci est ainsi intégrée par l'enfant , reliée à cette expérience sensorielle et motrice, et inscrite dans sa corporalité , comme une trace mnésique qui va venir enrichir et nourrir la vie psychique de l'enfant .Il y a là un  double ancrage: un vécu  corporel  et une rencontre avec l'adulte (fonction d'étayage) .

 Notre intention de travail se situe dans ce champ de  l'intersubjectivité ; ressentir, éprouver , vivre , intégrer que soi et l'autre font deux , qu'entre soi et l'autre il y a cet espace intersubjectif ... qui aujourd'hui est comblé par l'agrippement ( premier lien) mais qui peu à peu , s'il devient supportable et moins angoissant , donnera accés à la subjectivation (le je) : se sentir exister, se sentir sujet ...et permettra l'accés au langage .

La question est de savoir Comment s'écarter, se séparer sans s'arracher !

annick

 

samedi 3 décembre 2005

Pluie du matin n'arréte pas le pélerin!

On pourrait légitimement penser qu'avec ce mauvais temps, les prestations d'ânikounâ sont à la baisse.                        Mais il n'en est rien, les fidéles "pratiquants" de l'asso sont au rendez-vous coûte que coûte, qu'il neige, gèle, vente ou pleuve rien ne saurait altérer le plaisir de la pratique, de la rencontre et le bonheur de partager un moment de pleine nature.

Pour preuve ; La séance de mercredi avec les enfants de la Souris Verte .Température extérieure 0° !, Les enfants sont là, encapuchonnés, à attendre Dagobert et Lison ,sous les feuillages rougissants des arbres du parc,le tout enveloppé d'un brouillard givrant. Folie !!! me direz-vous, que nenni vous répondrais-je, ce fût une des meilleures séances depuis la rentrée. Le plaisir évident des enfants à être en contact, dans un corps à corps, avec l'animal dégageant généreusement sa chaleur,la beautée de la nature ce matin là où les arbres flamboyants laissaient tourbillonner de çi de là leurs feuilles comme autant de caresses adressées aux enfants, juste ce qu'il fallait pour provoquer l'éveil, l'étonnement...un moment magique, et nous étions là, enfants, adultes et ânes mêlés dans ce même enchantement que nous offrait la nature.

Force est de constater que l'élément Nature à un fort pouvoir d'action/d'inter-action sur les enfants en situation de handicap . Je constaste dans ce travail de médiation (en plein air) qu'au-delà de nos projets et de nos intentions de travail, l'enfant se saisit d'autre chose non prévu ,non anticipé par les adultes bienveillants qui accompagnent. Fort heureusement, l'enfant "acteur" présent à lui même se ressaisit de l'affaire et la fait sienne . Il fait sienne la rencontre intime avec l'animal, il s'autorise l'abandon sur le dos de son âne,capable de porter le lourd fardeau qui l' encombre, comme s'il n'en était rien, sans jugement . Et l'enfant confiant, rassuré s'ouvre au monde qui l'entoure , perçoit la froidure des matins de Décembre, la beautée des feuillages qui illuminent le ciel, sourit aux crissements des feuilles pietinées... et tout étonnés que nous sommes de voir s'éveiller ces perceptions que l'on croyaient peu ou pas accessibles à ces enfants entravés. Belle leçon que nous donnent Romain et Alisson ; restons naturel !

Mais ce n'est pas tout ; Vendredi le mauvais temps sévissait encore sur notre site d'ânikounâ , l'automne a des ressources (naturelles). Cette fois la pluie s'abattait comme "vache qui pisse" !!! , mais Christophe n'avait pas pour autant annulé sa séance . Je me préparais donc, avec Tango, à la rencontre hebdomadaire du vendredi aprés-midi. Chapeau ,gants ,imper...on se cache ,on se retrécit sous la pluie !, on prie le ciel et les grenouilles que le temps tourne, et le temps a tourné ! (craché-juré) . Mais pour Christophe ce n'est pas une averse qui le fera rester dans son coin .Il suffit de s'équiper un peu . Pas de jolie vie ,de joli chemin si l'on craint la pluie... Alors autant apprendre à marcher sous la pluie le visage offert .

Ca fait deux belles leçons dans une semaine !  Merçi c'est gaté !!!

                                                  

pour poursuivre la lecture de nos billets, aller dans archives, nous ne pouvons tout afficher ...

mercredi 14 septembre 2005

une Démarche thérapeutique ?

 c'est la rentrée pour dagobert , lison et tango !!

les enfants de la Souris verte ont repris contact avec nos amis à grandes oreilles . Et déja nous constatons des " possibles"  pour Anthony , et des debuts trés prometteurs pour Arnaud . Je suis de nouveau étonnée et séduite par les effets thérapeutiques avérés ou potentiels qui se dégagent  de ces séances . La mise en situation avec l'animal éclaire bien souvent  sur la  problématique de l'enfant, audelà du handicap initial. Ces séances deviennent alors thérapeutiques quand avec l'équipe de soins qui a l'enfant en charge , nous nous mettons à réfléchir sur ce qui se joue au niveau psychique pour l'enfant , dans cette médiation corporelle ;

Dans cette rencontre singuliére l'enfant donne à voir de sa difficulté et de ses potentialités relationnelles, voire de sa capacité à ETRE, (ou pas) un être singulier et différencier .(il s'agit ici d'enfant atteint de handicap sévére, en situation de polyhandicap, avec des restrictions extrémes de la communication ) .

A partir de ces problématiques souvent complexes , de ces observations perséverantes, s'attanchant à l'infiniment petit, prenant en compte toutes manifestations produites par l'enfant,  SUJET de sa rencontre avec l'animal,  va se dégager et s'élaborer le TRAVAIL THERAPEUTIQUE .

 

 

 

  à suivre ...

jeudi 18 août 2005

Mélanie rencontre les ânes d'ânikounâ

Enfant un peu différente,inscrite au centre aéré de Lalinde , Mélanie a bénéficier de moments privilégiers avec les ânes .

dimanche 24 juillet 2005

ânikounâ une démarche éducative et thérapeutique .

ânikounâ propose depuis quelques mois, une rencontre particuliére à des enfants polyhandicapés . Animant ces rencontres , je vous propose le témoignage de mon expérience personnelle mise en place aprés un stage "d'asino-médiation" éffectué à l'association Médi'âne en mars 2004 . Educatrice - spécialisée de formation et propriétaire d' ânes (depuis 10ans ) m'a permis de me lançer dans cette aventure et de personnaliser ce travail.

le fonctionnement

nous reçevons des petits groupes de 3 à 6 personnes ( notre structure de petite taille nous oblige à limiter la venue de collectivités importantes. ) Nous fonctionnons toute l'année . Nous déplaçons aussi les ânes au plus prés des institutions .

Trois options sont proposées actuellement:

- Des séances thérapeutiques, encadrées par du personnel de l'association,avec l'aide du personnel accompagant l'enfant (éduc, psycho, kiné etc...). Fréquence : 1 fois par semaine , seance de 1 à 2h , tout au long de l'année .

- Des séances récréatives, autour de la découverte de l'âne et de son utilisation . Séances ponctuelles où une progréssion reste possible si plusieurs séances sont programmées dans l'année .

- Des séances individuelles, régulières, autour de la balade à âne sellé ou baté.

Christophe et sa maman viennent en séance hebdomadaire , tous les vendredis .

Les institutions

Nous travaillons avec un S.E.S.S.D (service de soins et d'éducation à domicile) de l'A.P.F , un S.S.A.D (strurcture d' accueil pour enfants plyhandicapés) ,un centre aéré . Nous sommes ouvert aux instituts médico-éducatifs , aux foyers d'adultes , aux classes d'intégration scolaire etc...

Les activités proposées

-Le bonjour : la premiére prise de contact , l'approche .Dans cette premiére étape il faut savoir "prendre le temps" il faut adapter notre rythme à celui des enfants polyhandicapés ,respecter leur lenteur ,prendre le temps de trouver des gestes d'approche ,de reconnaitre des odeurs ,de repérer des bruits ,des mouvements . Laisser les choses venir et se vivre .Les ânes sollicitent les enfants , ils provoquent bien souvent la rencontre_. L'accompagnateur est "l'auxiliaire" qui favorise la rencontre .Il faut étre présent ni trop ni trop peu ,dans une proximité pensée qui laissera à l'enfant et à l'animal cet espace d'une rencontre possible .

-les soins aux ânes: brosser , caresser ,curer les sabots quand cela est possible . C'est un moment plus codifier ,une séquence de travail

- l'atelier portage : l'enfant est ici,mis en situation sur le dos de l'âne . Nous commençons habituellement par la position plat-dos,si l'enfant accepte cette posuture . L'adulte accompagnant reste proche de l'enfant, rassurant , présent dans le contact physique par une main sécurisante posée largement sur le thorax . Le contraste est saissisant quand une large surface (le dos) est en contact avec le dos de l'animal doux et chaud ,et que l'autre (tout l'avant du tronc) se trouve dépourvu de contact ; impression de grande vulnérabilité . La main de l'accompagnant permet de réquilibrer ce phénomen . Nous pouvons alors proposer un lerger balancement à l'animal , qui provoque une sensation de bercement dans ce giron doux et chaud pour l'enfant . Certains enfants sont trés résistants à cette proposition, d'autres y adhérent demblé .Il faut,il est vrai, accepter une notion de lacher-prise qui améne à la détente et qui provoque cette détente. Nous avons l'exemple d'enfant hyper-tonique dans le quotidien , "basculant" , en séance, dans des états d'extréme relachement .

...à suivre ...