lundi 7 novembre 2011
Ce petit garçon pas comme les autres !
Par anikouna, lundi 7 novembre 2011 à 14:19 :: l'âne thérapeutique
Aujourd’hui j’ai envie d’écrire un billet sur un petit garçon, pas comme les autres. Pourtant, il arrive en courant, comme les autres, il est curieux de découvrir le monde qui l’entoure et c’est souvent durant ces moments- là où il est différent. Peut- être ne comprend-il pas ce monde avec ses codes, ses règles et ses usages ?
A ânikounâ , l’activité part de quelque chose qu’il a bien repéré, qu’il accepte, peut-être qu’il le rassure et surtout qu’il aime. Ce quelque chose c’est « Onasis » ! Un âne commun d’environ 8 ans, surnommé « Nono » attelé à la dresseuse rouge et jaune.
Il est fier de tenir les rennes et il a appris à dire ; Allez Nono ! Alors nous partons ensemble à la découverte d’espaces nouveaux. . . Il laisse sa maman, à qui il dit : «A tout à l’heure maman ».
Sa maman qui l’accompagne chaque semaine, me parle peu à peu de son fils. Durant les premières séances elle était présente, mais elle m’a fait confiance dans la manière d’accompagner son petit garçon. Je comprends que ce n’est pas facile de laisser à une inconnue son fils « différent ».
Je la remercie pour cette confiance qu’elle m’accorde.
Nous voilà parti sur les chemins et les routes où il a appris à dire « Oh la ! Nono ». J’essaie de donner un sens à tous ce qu’il induit, donc nous nous arrêtons, même si c’est pour aller voir ou toucher les panneaux de signalisation au bord de la route. Car il a besoin à ce moment précis de toucher les panneaux. Je sais aussi que dans quelques temps, semaines ou mois, il sera attiré par autre chose. Je respecte le peu de communication verbale qu’il utilise, pour l’encourager dans cet apprentissage.
A partir de ces balades hebdomadaires, j’introduis des nouveautés. Un autre âne qui nous suit et sur lequel il va pouvoir grimper. Une autre carriole, un autre parcours……
J’ai l’impression qu’il m’a bien repéré. Il me nomme par mon prénom, je crois qu’il me fait confiance quand un changement est introduit. Mais je respecte sa différence et je sais très bien qu’il a besoin de se retrancher dans ses « bizarreries », car peut-être que je le sollicite trop ou trop vite ? Il aime toujours refermer les portes de nos différentes clôtures, ou courir le long des fils, j’ai l’ impression que cela le rassure.
Mais il sait aussi me dire « non ». Ce non, je le respecte quand je propose et qu’ il ne veut pas. Alors nous cherchons ensemble un compromis. Mais moi aussi j’ai le droit de dire non, surtout quand il s’agit de sa sécurité. Alors je lui explique et si besoin je le porte dans mes bras et il accepte.
Nous introduisons depuis peu « le jeu ». Pas toujours facile pour lui de jouer avec moi. Un cerceau est échangé entre nous, les anneaux sont cachés et il doit aller les chercher depuis le dos son âne, je me cache aussi et il me cherche. Ces moments ne durent pas. Quel intérêt y trouve t’il, la notion de plaisir est-elle présente dans cette situation de jeu ?
Même s’il est « différent », j’introduis dans les prises en charge le plaisir de partager, de faire avec l’autre, de découvrir ensemble, de chanter, de rire, comme nous le ferions avec d’autres enfants, mais en respectant sa différence et ses difficultés.
Qu’attendons- nous, sa maman et moi ?
Qu’un jour il accepte de partager l’activité avec d’autres enfants !
Liesbeth